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"Pas trop Dré dzin le pintu"

"Flying like à bird" sur le Toubkal !

6 Octobre 2009 , Rédigé par patchapp Publié dans #marche en montagne

            Notre groupe de 15 (avec le guide) accompagné de 7 mules et 6 muletiers (dont le cuisinier) représente une belle caravane. Cette dernière tourne depuis 5 jours autour du Toubkal. La météo des 2 premiers jour n'a pas été terrible (brouillard, averses, froid (-5) et même un peu de neige). En ce vendredi, la météo s'est stabilisée, l'ambiance, l'acclimatation et surtout le morale des troupes sont excellents. Il faut dire que notre groupe est composé de joyeux lurons, notamment d'un noyau composé de 5 cyclistes "chti" qui insufflent un état d'esprit incomparable. Notre guide Ali fait lui aussi l'unanimité.

              Le jeudi matin, après une nuit (enfin) parfaite pour moi passé dans une bergerie prés du lac d'Ifni nous avons gravi le TIZI N'Ouanouns à 3600m. Nous sommes arrivés au Refuge Neltner (3200m) vers 12H30. L'après midi prévu pour le repos ne convient pas à tout le monde. Pierre, Bertrand (l'Alsacien) et moi décidons de gravir une première fois le Toubkal. Nous sommes en forme et les conditions sont optimales, on se dit que le lendemain ça peut changer ... .Cette première ascension se fait, pour moi dans la douleur pour la première heure (difficulté à digérer les crudités de midi vite avalés). Arrivé au petit col 250 m avant le sommet je retrouve un rythme régulier sur une pente qui s'adoucit. Le sommet nous appartient, seul une personnes est présente ( idéale pour la photo). Vite il faut redescendre car la toilette, le thé, le repas et toutes les tracasseries habituelles nous attendent. Le soir au moment de se coucher, les + 2300m de dénivelé de la journée passés à haute altitude pèsent dans les jambes ...

                Vendredi 4H45 : la météo est ok et j'ai bien dormi. L'objectif de la journée c'est véritablement de se retrouver tous les 15 au sommet des 4167m du Toubkal. Pierre et moi avons prévu les 2 bouteilles de Génépi pour célébrer cet événement. Nous décidons de partir tous les 2 en dernier pour encourager les collègues et tous se retrouver au sommet un peu prés en même temps. Nous démarrons très lentement, sur les 200 premiers mètres d' un chemin bien dégagé et peu pentu permettant de se chauffer tranquillement. Rapidement je suis rassuré sur ma condition physique du jour. La partie suivante serpente entre de gros cailloux et parfois sur de larges dalles, la vitesse ascensionnelle ralenti considérablement. Nos appuis sont excellents car nous avons eu le temps de nous habituer à ce terrain rocheux si particulier. S'en suit la partie la plus raide avec un peu de neige. Nous sommes au petit col (250m sous le sommet) et j'ai la sensation très agréable de voler. Dans ma tète je chante "flying like a bird" de R.Stewart. Je rattrape Mohammed notre jeune et sympathique muletier Marocain, adepte lui aussi du ski de rando. Le final très roulant , hormis une zone courte raide et sans appuis, se fait dans l'allégresse la plus total. Mes bâtons, mes jambes, mon sac, ma tète, tout est incroyablement léger, que c'est bon !! . Mohammed sportivement me laisse passer devant au sommet ou Francis nous attend pour la photo. La joie est totale, petit à petit le groupe se reforme. Chacun apprécie le panorama très dégagé à 360°, le vent est faible il fait presque chaud. Le génépi est vite englouti et les photos fusent tout azimut. Un à un Ali nous embrasse, il est soulagé l'objectif est atteint. C'est l'euphorie générale. Depuis ici nous refaisons l'itinéraire de ces 5 jours inoubliables. Après un arrêt de plus d'une heure au sommet il faut pourtant redescendre (- 2400 m à avaler). Mohammed nous guide Pierre, Bertrand et moi dans une variante "dré dans les éboulis" . Avec sa canne en bois et ses chaussures "pourris" il est impressionnant d'aisance ! (bon, il joue à la maison).

 

                 Sereins, nous pouvons passer nos 2 derniers jours à buller dans Marrakech. Le retour au bruit de la civilisation se fait difficilement. Les rapports avec la population sont plus difficiles.

Finalement qu'est ce que nous étions bien dans ce Haut Atlas !

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