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"Pas trop Dré dzin le pintu"

Ascension pourri du Mt Pourri pour l'ascension (du jeudi) ou l’importance de bonnes manipulations.

20 Mai 2015 , Rédigé par patchapp Publié dans #ski de rando

Allez ... un peu de littérature pour exprimer des moments simples et courts mais chargés d'émotions.

14 mai, Altitude 3750m, je suis 50M sous le sommet du Pourri dans le sens de la descente. C'est plutôt étroit et pentu ici et la neige est béton. Je désescalade à pied, lentement piolet en main pour plus de sécurité. La glissade pourrait être très longue mais heureusement sans barres rocheuses exposées.Le plus chiant c'est ce vent tempétueux.

Pour en arriver là avec Alex nous avons randonné pendant près de 5 heures (au passage nous avons gravi aussi le Turia). La fatigue commence à se faire sentir d'autant plus que nous avons dormi sous la tente cette nuit. Je retrouve mes skis plantés plus bas dans la pente. Un doute m'envahi car je ne vois plus qu'un ski dépasser. Déjà j'imagine la longue descente à pied (cela m'est déjà arrivé une fois). Ouf ! En m'approchant je me rends compte que les 2 skis sont bien là.

A présent une transition (de la marche au ski) de haut vol m'attend compte tenue de ma situation (dans la pente sur une neige béton avec des rafales de vent incroyables).

Je vous promet ce n'est pas chose simple. Je dois me concentrer pour effectuer chacune des étapes, et elles sont nombreuses, dans un ordre bien précis tout en assurant un équilibre bien précaire.

Cela commence par planter le piolet dans la neige puis poser le sac à dos en passant une sangle dans le piolet. Ensuite je dois ôter les 2 couteaux des skis pour les glisser directement dans le fond du sac (à ouvrir). L’étape suivante parait simple mais en vérité est des plus compliquée : décoller les 2 peaux de phoque. Comme elles sont larges et quasiment neuves c’est un véritable tour de force. L’une après l’autre après les avoir décollées en force des skis, j’essaye de les coller sur leur protection en plastique. Avec ce vent insupportable cela est impossible. Sans m’énerver, j’essaye de les plier au mieux, c’est-à-dire en vrac pour les ranger au fond du sac. Là il s’est déjà passé plus de 10 mm. En bas j’entends Alex qui s’impatiente. Lui aussi il est en plein vent et il attend que j’en finisse avec mes manips pour repartir. Il faut dire que cet âne est en petit collant- pipette, ce qui à cette altitude frise l'inconscience !

Prudemment et méticuleusement, ne me laissant pas déconcentré, je passe à l’étape suivante. Réglage des chaussures en position de descente puis rotation des fixations elles aussi en position de descente. A présent le plus dure reste à faire : chausser les skis !

Commencer par le ski amont en essayant de tailler une petite plateforme dans ce béton armé. Les low tech sont ainsi faites qu’il faut engager l’avant de la chaussure bien à plat. Après avoir aplati tant bien que mal la neige dure autour de moi je chausse le ski amont. Pour le ski aval c’est toujours plus compliqué, après quelques tentatives infructueuses je tente une conversion improbable pour passer le ski aval en amont. Ainsi j’arrive à engager l’avant de la fixation. Malgré tout l’arrière de la fixation ne s’enclenche pas du premier coup m’obligeant à taper fortement le sol. Bon ! tout cela fini par s’arranger et je n’ai plus qu’à saisir mes 2 bâtons fortement ancrés dans la neige (sous peine de les voir dévaler la pente sur plusieurs centaines de mètres). Il était temps au moment de replier mes 2 mitaines en moufles, l’onglé commençait à me saisir. Au total cela m’aura pris plus de 15 mm : interminable (surtout pour Alex qui attendait plus bas).

De cette expérience, pourtant renouvelé chaque année, j’en retire 2 grands principes.

Le 1er c’est qu’il faut être bien équipé mais surtout avoir l’habitude d’utiliser son matériel dans des conditions parfois limites. Le 2iem c’est qu’il faut toujours anticiper en montagne. J’aurais dû mieux choisir mon endroit pour faire ce type de changement. Enfin le calme est la concentration sont aussi primordiales. Si je suis un acharné du ski de rando je crois que c’est en parti pour tout ces petits moments intenses (s'en oublier l'esprit de cordé bien entendu).

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