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"Pas trop Dré dzin le pintu"

Jas des liévres : ou l'on parle d'after taf !

17 Avril 2015 , Rédigé par patchapp Publié dans #ski de rando

Mercredi 15 Avril 16H00 je quitte le taf direction Grenoble puis les Belledones. Depuis plusieurs jours la température est anormalement chaude pour un début avril (28°). Ce soir j'ai rendez-vous avec la diopolenta pour faire une virée en ski de rando au dessus de Prapoutel (Au Jas des Lièvres).

17H15 l'équipe composé d'Alex, Marco, Pierre et moi s'élance skis aux pieds à l'altitude de 1400m. Le départ se fait sur une piste d'alpin qui s'éloigne rapidement de la station pour s'engouffrer dans la splendide combe de Bédina. La neige, damée au départ, devient rapidement lourde très lourde. Néanmoins l'orientation plein ouest nous garanti un ensoleillement appréciable à cette heure de la journée. Le petit couloir plein Nord que nous avons prévu de gravir ne se laisse découvrir qu'au dernier moment. Face à nous une belle muraille haute de 300m se dresse fièrement.

Pierre (inquiet) : " Pat ! il est ou ton passage, on ne le voit pas ?"

Pat et Alex : Attends un peu on y arrive ... tiens si tu passais devant pour faire la trace au lieu de l'ouvrir sans arrêt "

Quelques minutes plus tard : Alex : "oh les gars on accélérerait pas un peu, à ce rythme on va être rattrapé par la nuit !" Alex prend les commandes puis au bout de quelques minutes tombe sur le coté les 4 fers en l'air.

Pat : " On le connaît ton subterfuge pour ne plus tracer, pas la peine d'en rajouter !".

Marco : "bon j'ai compris, je passe devant, en plus la neige devient plus compacte".

Marco en tête, après un changement d'orientation, nous rentrons enfin dans le passage clef. Celui-ci est à l'ombre, bien abrité du vent, la pente devient plus prononcé approchant le 40°. Sur la fin la neige se durcie même. Cela parait impensable compte tenue de l'heure et de la chaleur ambiante.

Alex (qui se sent des ailes) : "Vous foutez quoi la devant, faite glissez les skis ça va tout seul !" Pat : "vas-y passe devant , mois je suis limite, je n'ai pas pris les bonnes peaux et j'ai peu d'accroche "

Pierre : "c'est incroyable cette neige mi-dure !. Merde alors ... les couloirs plein nord il faut donc les skier le soir !"

Marco : "Ouais on aurait dû prévoir les Gd Moulins à la place "

Pat : "ah ... si les anciens nous entendaient !" Et pourtant c'est la vérité, les conditions du couloir sont excellentes à notre grande surprise. Equipé de mon short, en appuis sur les bâton j'arrive à m'extirper du couloir sur les ski (au forceps). Pendant ce temps Pierre me shoote depuis le haut avec son appareil photo. Les 2 autres collègues, goguenards, attendent au soleil sur la crêtes, tel des corbeaux perchés.

Le final sur la croupe n'est plus qu'une simple formalité. Au sommet la question de l'itinéraire se pose :

Marco & Alex : "la directe sous le sommet à l'air bien tentante !"

Pierre : "non, non ... le couloir Nord que l'on vient de monter est en bonne condition, il faut descendre par là !"

Pat (hésitant) : "euh ... c'est comme vous voulez"

Pierre : " Et ben allez ... feu pour la directe plein ouest, c'est plus raide mais ça parait sûr !"

Ni une, ni deux, Alex s'engage dans la pente. Le départ un peu corniché est vite avalé. Plus bas il se charge de purger le reste du couloir. Nickel ! je vais pouvoir y aller. Pierre à déjà suivit Alex dans la pente. Quand à Marco il cherche une autre variante pour ajouter un peu de folie. Tout en zippant mon short/pantalon, je l'observe avec inquiétude :

"tu sais, Marco ...si tu ne le sens pas n'y va pas, c'est pas le moment de s'en mettre une !".

C'est trop tard le "loupiot" est déjà engagé trop bas dans la pente, il hésite. D'ici, cela me parait fort raide et en neige dure. Apres quelques escaliers prudents il s'élance puis .... c'est la descente vertigineuse. Enfin pas pour lui, il assure le jeune padawan, c'est du solide il a déjà quelques belles pentes à 50° dans les jambes.

La fin de notre bambée, en neige molle puis dure sur la piste d'alpin, nous amène skis au pieds jusqu'aux voitures sans la moindre péripétie. C'est avec une large banane que nous pouvons déguster (non, non je dit bien déguster) cacahouètes et bières pour célébrer ce bon moment. Il est 20H30 et la nuit commence à gagner, c'est l'heure de reprendre les voitures pour achever une longue et belle journée de printemps. Pour ma part c'est direction Prabert avec la tente ou d'autres aventures m'attendent.

L'after taf : ce n'est pas un truc à la mode pour bobo mais bien un réel besoin de partager des émotions fortes.

Je m'extirpe du couloir.

Je m'extirpe du couloir.

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