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"Pas trop Dré dzin le pintu"

Le ski alpinisme : une affaire d’équipe.

28 Mars 2015 , Rédigé par patchapp

Pat : « J’vous dit que c’est le couloir du milieu ! »

Franck : « ouais, moi je sens mieux celui de gauche »

Pierre : « Et celui de droite il a l’air sympa, non ? »

Pat : « non non !, je l’ai lu hier dans ski tour, les 2 gars sont passés par celui du milieu. En plus j’ai bien lu le topo avant de partir. »

Franck : « allons voire celui de gauche, si ce n’est pas bon on reviendra au milieu »

Pat : « ok mais faisons de grands virages on retrouvera bien ces satanées traces ! »

Nous sommes tous les 3 aux pieds de la dernière difficulté, sous le sommet du Grand Rocher en face Nord. Devant plusieurs couloirs s’offrent à nous, tous à plus de 45° sur 300m de dénivelé. Le problème c’est que nous sommes en plein brouillard, on n’y voit pas à 2 m. Nous ne connaissons pas les lieux et les traces de la veille ont complétement disparu à cause du vent qui souffle encore assez violemment. Pour arriver ici nous avons déjà galéré 3h30 dans une neige peu compacte pas facile à tracer. Heureusement Franck est en grande forme, bien plus que moi en tous cas (sorti de la veille en Chartreuse ?).

Bref, après avoir tergiversé sur la gauche nous revenons en traversé sur le couloir du milieu. Et là miracle ! D’un seul coup d’un seul le soleil éclaire toute la face. Alors que nous étions prêts à jeter l’éponge notre morale remonte au plus haut. Cette fois ci le couloir du milieu apparait comme une évidence. Franck reprend les commandes et trace devant comme il en a l’habitude. La neige poudreuse est facile à brasser, surtout dans les marches faites par Franck (quoique un peu hautes ...) L’ambiance est à son paroxysme grâce à la lumière retrouvée. Cependant, pour moi les choses commencent à se corser, j’ai des crampes dans la jambe droite. Au début ce ne sont que de simples picotements puis rapidement je ne peux plus lever cette maudite jambe droite. Mince ! Cela m’arrive à l’endroit le plus raide ou il faut se hisser dans la pente. Ici il ne faut pas perdre l’équilibre et je suis obligé de faire des étirements. J’essaye de pousser sur les bâtons et après quelques automassages j’arrive à repartir. Plus haut c’est l’autre jambe qui s’y met puis bientôt les deux en même temps. Une horreur, je crie de douleurs ! Heureusement je ne suis pas loin de déboucher sur la crête. Pierre est à mes côtés, il m’encourage.

Ouf le final est plus plat, je peux finir en faisant de petit pas avec mes 2 jambes dures comme un poteau. Je rampe jusqu’au sommet ou malheureusement le brouillard reprend du service avec le vent. La haut il ne faut pas tarder, néanmoins je dois penser à bien me ravitailler, surtout en eau (j’ai ce qu’il faut au fond du sac). La descente s’annonce « pas si tant bonne ».

Le début est tranquille mais toujours dans la poisse. Quelques virages faciles avant la plongée vertigineuse dans le couloir nous mettent en confiance. L’intérêt de remonter un couloir c’est qu’à la descente on a moins d’appréhension. A cet instant là nous avons bien besoin de cela (visibilité nulle c’est plutôt flippant). Dans la pente j’assure un max en dernière position. Ce n’est pas la meilleure place car par endroit le passage des 2 collègues a découvert un peu de neige dure. Virages après virages, souvent sautés, nous nous retrouvons en lieux sure (enfin presque) en bas de la face. Pour autant nous ne sommes pas tirés d’affaires dans ce maudit brouillard qui ne nous quitte plus à présent. Nos traces de montés sont difficiles à suivre et pour retrouver le col de Mouchillon (à 2500m) il faut basculer du bon côté. L’altimètre nous sera d’un grand service. En effet à la vitesse d’un escargot, un œil sur la trace et l’autre sur l’altimètre nous retrouvons le bon passage. Quel gâchis ! Alors que nous avons sous nos skis -700m de belle descente bien dégagée avec 20 cm de poudreuse nous devons progresser au radar dans une poisse toujours aussi opaque.

C’est seulement à l’altitude de 1600m (Combe Madame) que nous retrouvons un petit rayon de soleil. Il est temps de faire une pause récupératrice avant un final sans embuche.

A la voiture une bière à la main :

Pierre : « alors les gars cette sortie ! Vous l’avez trouvez comment ? »

Pat & Franck : « Des comme cela on en fait pas tous les week end, c’est sûr elle va rester dans les mémoires (et aussi un peu dans les chaires) ! ».

C’est comme cela le ski de rando : plus c’est dure et plus on aime !

ambiance à son paroxysme.

ambiance à son paroxysme.

avant la voiture : "what else ?"

avant la voiture : "what else ?"

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pierre 28/03/2015 22:30

Joli commentaire, réaliste, et c'est vrai, il y a des moments ou on rigole pas , il faut juste resté concentré et c'est déjà beaucoup, alors en plus si quelque chose lâche !